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Vision


Ce dessin, qui m’a été offert par Charlélie Couture en 1992, capte étrangement, jusque dans son titre, une facette importante de ma personnalité qui est celle de pouvoir regarder, mal mais longtemps, bien mais profondément... Je suis d’ailleurs curieux du fait que la langue Anglaise dise “Regards” pour dire “Amitiés”.

Bref... Vers l’âge de 12 ans, j’ai commencé à me replier et à me sentir moins à l’aise dans l’action. Le cinéma s’est montré dans ma vie la veille de mon entrée en terminale, après qu’un problème de transmission TV avec la Bulgarie ou la Yougoslavie interrompait le match de football que j’attendais avec impatience. Le film était “La meilleure façon de marcher” de Claude Miller et, même si je ne suis pas dupe, 20 ans après, des raisons pour lesquelles ces 100 minutes ont pu me frapper, il n’en demeure pas moins que cela a été le déclic. Jusque là, je m’ennuyais aux films que j’allais voir -parce qu’il le fallait- avec les copains. Des trucs comme “Les aventuriers de l’Arche perdue” que je trouve toujours un film abject et qui a sûrement fait perdre 25 ans dans les rapports entre les civilisations.

Au moment de m’inscrire en fac (à Toulouse) et ayant senti que de toutes façons la radio (j’étais animateur depuis quelques semaines) et le cinéma allaient être de sérieux concurrents, j’ai décidé de prendre un dé (à jouer, pas à coudre) et de donner à quatre de ses faces des inscriptions possibles. J’ai jeté le dé et ai suivi ses indications : philosophie... 5 ans sur les bancs avec quelques professeurs charismatiques, cinq ans à essayer de joindre les deux bouts de mon emploi du temps, entre les émissions à enregistrer et les dissertations à préparer.

Faire de la radio, à vingt ans, correspond forcément à l’expression d’un problème de communication avec les autres... proches. Comme on ne parvient pas à s’exprimer comme on le souhaite, on trouve un medium pour dire les choses autrement. Dans le meilleur des cas, animer une émission de radio est comme écrire une autobiographie. C’est à la fois une volonté de toucher l’autre mais aussi la preuve qu’on ne peut pas le faire simplement... comme tout le monde.

Je crois que c’est Fiona Apple qui a dit que l’Internet était “la réponse de l’humanité au S.I.D.A”... Derrière cette phrase provocante se cache un fond de vérité...

 
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